Cette semaine, nous avons rencontré le couteau-suisse des ressources humaines, Elsa Gauffier. Ancienne responsable d'un café sur les grands boulevards parisiens, elle s'est reconvertie il y a une dizaine d'années au métier en pleine mutation des ressources humaines. En plus de son poste de cheffe de projet RH, Elsa est très active : elle soutient des projets digitaux féminins et se forme en permanence...

Marion : qui êtes-vous, Elsa ?

Je suis ré-enchanteuse de carrière ! J’accompagne des personnes en mobilité professionnelle interne, externe ou en recherche d’emploi. Je suis également formatrice, notamment pour les cours municipaux de la Ville de Paris. Il m’arrive parfois d’intervenir auprès de startups ou de petites structures sur des problématiques de recrutement et de management.

Marion : quel est votre parcours professionnel ?

Pendant sept ans, j’ai occupé une carrière bien loin de celle d’aujourd’hui puisque j’étais dans le secteur de la restauration. Avec plusieurs postes managériaux en salle, j’ai ouvert un café sur les grands boulevards à Paris, le « De La Ville Café ».  Puis faisant suite à un bilan de compétences, je me suis réorientée et formée aux métiers des ressources humaines. C’était le signe d’un nouveau cycle de neuf années, pendant lequel j’ai occupé différents postes RH, sur des aspects très techniques : Du chômage technique, plan social au changement de convention collective…mais aussi stratégiques  : communication et marketing, ressources humaines, conduite du changement ou accompagnement de collaborateurs au travers de cellules de reclassement interne.

En parallèle, depuis 2016, je suis des jeunes femmes du digital avec Social Builder sur leur désir d’entrepreunariat et des jeunes femmes diplômées issues de banlieue moins favorisées avec Mozaik RH.

Marion : et actuellement, quel poste occupez-vous ?

Je débute une mission de cheffe de projet RH et communication digitale pour le SNITEM (le syndicat des métiers du dispositif médical) pour une mission de 6 mois ! Parmi mes occupations : la mise à jour de la cartographie des métiers et de la prospective sur les métiers du dispositif médical. En bref, des éléments tangibles en vue de développer l’attractivité du secteur et d’influencer la création de formations ou de blocs de compétences venant répondre aux besoins de demain.

© Ever

Marion : vous évoquiez un désir de reconversion, pouvez-vous nous en dire plus ?

Actuellement, j’ambitionne de devenir psychologue du travail et coach. Pour cela, je me suis inscrite au CNAM (centre national des arts et métiers) pour initier une formation en psychologie. Dès la rentrée 2019, j’intégre l'école des psychologues praticiens en vue d’obtenir une certification de coach.

Marion : comment qualifierez-vous votre rapport au travail ?

Travailler sérieusement sans se prendre au sérieux pourrait être ma devise !

J’ai l’habitude de dire que je ne suis pas chirurgien cardiaque et qu’à priori la vie des personnes avec lesquelles je travaille n’est pas en danger… Cela me fait beaucoup relativiser sans pour autant me désengager de mes fonctions.

Je cultive une certaine porosité entre ma vie professionnelle et personnelle. De manière générale, j’essaie autant que possible d’être dans un rapport équilibré entre la nécessité de travailler et trouver du sens à ce que je fais. C’est pour cela que je préfère des contrats à durée déterminée. Ils répondent mieux à mes besoins de liberté et de changement…

Et là, où je pourrais craindre l’effet « trou dans le CV » , je ne suis jamais inquiète (ou très rarement) d’être demandeur d’emploi. Au contraire, ce sont des périodes très occupées où j’explore l’opportunité de nouvelles choses et de nourrir ma curiosité.

Marion : avec votre expérience en ressources humaines, avez-vous remarqué de nouveaux enjeux autour de la formation ?

Oui bien sûr ! À mon sens, il y en a deux, auprès des organisations et des individus. La difficulté consiste à faire converger ces deux-là, justement !

S’ajoute à cela, la difficulté de prise de recul de petites et moyennes entreprises, ce qui complique l’amorçage d’une vision stratégique à long terme. Elles sont bien plus nombreuses qu'on ne le pense. Ce n'est pas pour rien qu'on dit que l'artisanat est le premier employeur français... Or sans cette vision, il est impossible d'élaborer une stratégie pérenne et d’en décliner les besoins en compétences pour y répondre sous trois ou cinq ans.

C’est d’autant plus criant dans le digital : l’accès au numérique en tant qu’équipement, réseau, formation et/ou compétences sont dépendants du territoire où vous habitez… Pourtant, c’est un enjeu majeur !

Et puis, à titre individuel, même si les réformes tentent de faire le ménage, ce n’est pas toujours aisé de s’y retrouver parmi l’offre de formation, tant elle est importante ! On peut facilement perdre son objectif seul(e) face à son écran !

Kim Nguyen © Ever

Marion : de manière générale, comment vous formez-vous ?

Il se trouve que je suis assez curieuse et que j’aime apprendre de nouvelles choses ! Les MOOC ont été pour moi une révolution dans la diffusion de l’accès aux connaissances que je dirais « qualifiées ». J’en ai fait beaucoup et chaque fois que j’ai une nouvelle marotte, je regarde l’offre en MOOC.  

J’ai aussi beaucoup pratiqué les cours municipaux de la ville de Paris, en tant qu’auditrice (formations en anglais, mind-mapping, design thinking de très grandes qualités à des tarifs très abordables). Depuis de nombreuses années, j’ai abandonné mes lectures de romans pour des livres à visée professionnelle. Enfin, je participe à des évènements de réseautage et je fais de la veille sur les sujets qui m’intéressent au fil de mes découvertes…

Marion : que vous inspire le mot formation ?

Il se trouve que je suis issue d’une longue lignée d’enseignants. Je suis également la maman d’un jeune homme de 17 ans perdu sur sa future vie professionnelle….     Cela m’inspire plusieurs constats : il est très compliqué de demander à des jeunes en pleine construction identitaire de décider de leur futur... Nous avons quand même, en France, la chance d’accéder à la formation tout au long de la vie, même si c’est plus dur, c’est quand même possible ! Je déplore que le poids du diplôme initial soit aussi fort sur le recrutement.  

Ensuite, je trouve dommageable que la VAE (validation par acquis d’expérience) fonctionne aussi mal. Les entreprises ne s’en sont pas toutes emparées comme levier de fidélisation et de professionnalisations de leur collaborateurs. Se former, s’informer, permet d’acquérir une certaine agilité en terme d’évolution professionnelle, ne serait-ce que parce qu’elle permet la remise en question de son identité professionnelle ! Enfin j'applique aujourd'hui l'adage "ce qui est pris n’est plus à prendre", en tout cas c’est ce que j’essaie de transmettre à mes enfants...

Marion : pour finir, quels projets professionnels peut-on vous souhaiter ?

De réussir mes examens ! De développer mon activité car la flexibilité qu’elle peut m’apporter me permettrait de continuer à apprendre de nouvelles choses tout en m’occupant de mes enfants…

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Marion pour Shake my Firm.