Dans le monde changeant dans lequel nous vivons, le numérique prend peu à peu une plus grande place dans nos actions quotidiennes. Tout ce qui se faisait uniquement physiquement il y a encore quelques années peut désormais se faire par le biais d’Internet. Des applications viennent progressivement remplacer les cartes et plans, nous permettent de réserver des billets sans se déplacer ou encore nous apportent tous types d’informations en quelques clics. Vous sentez-vous concerné ?

L’illectronisme, qu’est-ce que c’est ?

L’illectronisme est la déclinaison numérique de l'illettrisme. Autrement dit, c’est le manque (ou l’absence totale) de connaissance ou de maîtrise des outils liés au numérique. Actuellement, l’illectronisme touche les personnes qui sont dans l’incapacité à accéder aux contenus de l’information numérique. Cela peut aller de la tâche la plus simple à d’autres plus complexes : envoyer un mail ou télécharger une pièce jointe, et remplir des dossiers administratifs du quotidien (fiche d’impôts, déclaration d’une démarche auprès de l’état civil, etc.).

Quelques données concernant l'hexagone : en 2017, l’illectronisme touchait 13 millions de Français selon le Baromètre 2017 du Numérique (réalisé par le Credoc pour l'État et l'Arcep). Y’a-t-il du progrès ? En 2018, selon l’étude de l’Institut CSA, ce ne sont « plus que » 11 millions de Français qui ne sont pas à l’aise avec le numérique. Petit indice de comparaison, en 2017, 15 % des Européens n’avaient jamais utilisés Internet. Ils étaient 43 % en 2007, (selon touteleurope.eu). La France se trouve donc dans la moyenne européenne.

Qui est vraiment touché ?

Ces difficultés ne seraient-elles pas uniquement liées à l’âge ? C’est évidemment la première raison qui nous vient à l’esprit : les personnes plus âgées sont celles ayant le plus de difficultés avec tous ces outils ; et c’est légitime, elles ne sont pas nées avec l’ère numérique.
Et cela se confirme dans les chiffres. Toujours d’après l’étude de l’Institut CSA, on passe quand même de 23 % de personnes touchées par l’illectronisme à 58 % chez les 70 ans et plus. Le problème est qu’une grande majorité de cette catégorie est réfractaire et refuse purement d’entendre parler des avancées numériques. Ce refus risque d’entraîner rapidement des conséquences quand la plupart des tâches administratives seront disponibles uniquement en ligne. C’est en effet un point du programme politique de notre président Emmanuel Macron qui s’est engagé à numériser 100 % des démarches administratives d’ici la fin de son mandat en 2022. Il proposait en outre la centralisation de tous les accès aux services administratifs pour les citoyens (santé, formation, situation fiscale…) dans un même site : le « compte citoyen », le vote en ligne, la numérisation de procédures simples pour la justice et de la police...

© Hal Gatewood / Unsplash

La seconde catégorie de personnes se démarque fortement aussi. Ce sont les personnes qui engagent une recherche en ligne et qui décident finalement d’aller dans un endroit physique pour finaliser leur achat… ça vous parle ? Un exemple concret : les billets de train. Ces « abandonnistes », comme les nomment l’étude de l’Institut CSA, cherchent les informations en ligne, essayent de trouver l’horaire qui leur convient mais finissent par aller dans une gare pour les acheter. Alors qui fait partie de cette catégorie de personnes ? Vous allez être surpris (ou pas), mais il n’y a pas de profil type ! Il s’agit plutôt d’un représentatif de la population française en général. À noter ce point positif : ceux qui « abandonnent » ne baissent pas totalement les bras et cherchent pour la plupart de l’aide pour certaines tâches en particulier (et autour d’eux).

Enfin, chez les jeunes (générations Y et Z), aucun problème ne se pose au niveau des réseaux sociaux. Bien au contraire, c’est devenu inné. Là où ça se complique, c’est pour toutes les démarches administratives : 23 % des 18-24 ans se déclarent assez inquiets à l’idée de devoir accomplir la plupart de leurs démarches administratives sur Internet (selon le Baromètre 2017 du Numérique).

Mais d’où vient ce manque ?

Alors qu’est-ce qui mène à l’illectronisme ? Le manque de formation et d'accompagnement ? La complexité des sites ? De la méfiance ? Un pessimisme français quant à leur avenir, et leur peur d’être remplacés par des robots ? Ou simplement le désintérêt ? Peut-être un mélange de tout ça. Avec les réformes de l’État ayant pour but de former au numérique les personnes dans le besoin, le problème repose plus sur les personnes ayant un total désintérêt pour Internet et ses outils. L’objectif du plan est de former les Français au numérique à raison d’1,5 million de personnes par an, pour toucher au final les 11 millions de Français concernés.

Et pourquoi commençons-nous à en parler seulement maintenant ? Le concept de l’illectronisme a été introduit dès le développement d’Internet. Sauf qu’à cette époque, l’illectronisme relevait du manque d’accès aux équipements. Aujourd’hui, l’accès ne représente plus un problème car 89 % de la population est équipée d’au moins un outil numérique (smartphone, ordinateur, tablette, etc.) selon l’Institut CSA. Le sujet a donc toujours été présent, mais il a été ramené sur le tapis avec les dossiers de l’ex-secrétaire d’État chargé du numérique, Mounir Mahjoubi.

L’illectronisme touche une partie de la société beaucoup plus vaste que ce que l’on peut imaginer ; les personnes âgées ne sont pas les seules à avoir des difficultés face à certains outils ou démarches numériques. Ce retard français (et européen en général) va vite devenir problématique face au constat suivant : la formation à la transformation numérique est aujourd’hui nécessaire pour tous !


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