Récemment, nous avons rencontré Laure Marchal, personnalité touche-à-tout qui travaille actuellement chez Valeurs & Valeur. La start-up lilloise accompagne les entreprises à mieux gérer l'humain : du recrutement à la facilitation en passant par la formation. Elle est aussi à l’origine d’une innovation RH : le recrutement collaboratif.

Élisa : Qui êtes-vous, Laure ?

Je suis une freelance multi-casquettes : à la fois journaliste, conseillère en communication, consultante éditoriale, community manager… J’ai dans mon parcours professionnel eu l’occasion de rencontrer Valeurs & Valeur pour qui j’ai eu un vrai coup de cœur et pour qui je travaille de façon régulière depuis deux ans. Pour eux, je gère les réseaux sociaux, la communication, mais je participe aussi au recrutement collaboratif et aux Value Training ; j’élargis donc encore mon champ de compétences en adoptant les nouveaux métiers de Valeurs & Valeur.

Élisa : Que faîtes-vous chez Valeurs & Valeur ?

Il n’y a pas vraiment de poste « classique » chez Valeurs & Valeur. On appartient à des cercles, dans lesquels nous avons chacun des rôles. Donc par exemple si vous aimez le commerce mais aussi le recrutement, vous pouvez appartenir à la fois au cercle commerce et au cercle recrutement et avoir un rôle bien défini dans chacun des cercles. Personnellement, je suis surtout dans le cercle communication.

Élisa : Vous évoquiez à l’instant la notion de recrutement collaboratif. Qu’est-ce que c’est ?

Le recrutement collaboratif est une innovation portée par Valeurs & Valeur. C’est une méthode de recrutement innovante qui vient casser les codes du recrutement traditionnel pour plus d’efficacité et de sécurité.

Dans un recrutement classique, un candidat a un premier entretien, un deuxième, puis peut-être un troisième voire plus ! Un recruteur qui a donc cinq candidats à voir doit se rendre disponible pour 15 rendez-vous, ce qui représente à peu-près 15 heures. Et encore ! Il peut y avoir plus de candidats, plus de 3 rendez-vous… Le compteur temps augmente très rapidement ! Pour le recrutement collaboratif, on monte ce qu’on appelle un « groupe projet » de 3 à 8 personnes selon la taille de l’entreprise, composé de collaborateurs de différents niveaux hiérarchiques et différents niveaux d’ancienneté dans la boîte. C’est ce panel de personnes qui va recruter le futur collaborateur. Ils travaillent ensemble sur ce qu’ils attendent de cette nouvelle recrue, les compétences qu’elle doit avoir, mais surtout ce qu’ils attendent d’elle en terme de valeurs.

Par la suite, on invite tous les candidats sur une journée à vivre l’expérience de l’entreprise. Les candidats sont tous convoqués en même temps à passer une journée tous ensemble, avec leur potentiel futur employeur. Ça permet au futur employeur de voir les candidats au naturel, et à l’inverse, les candidats côtoient réellement le recruteur en vivant la journée avec lui. Il n’est pas juste sur le côté à les observer mais il est aussi sur le terrain, il se présente, participe aux activités (dessin, activités sportives, jeux stratégiques, etc.). C’est ça qui est très intéressant dans le recrutement collaboratif, c’est ce rapport d’égal à égal.

Élisa : Peut-on dire que le recrutement collaboratif correspondrait davantage aux candidats en quête de sens au travail ?

On le voit bien aujourd’hui, les entreprises ont du mal à recruter les générations Y et Z car le salaire ne suffit plus à motiver les candidats. Ils ont besoin d’intégrer une vision, un projet ou une mission.

En vivant le recrutement collaboratif, ils peuvent percevoir la vision de l’entreprise, ce que les recruteurs portent comme valeurs. De ce fait, cette journée permet autant aux candidats qu’aux recruteurs de voir si ça “match” en matière de valeurs. C’est ce qui rend le recrutement collaboratif aussi puissant : le fait que ce soit bénéfique pour les deux parties. Les taux de réussite sont bien supérieurs aux taux des recrutements classiques. Et les recruteurs sont intéressés parce qu’ils se rendent bien compte que rater un recrutement, ça leur coûte cher : en argent mais aussi en temps.

Élisa : Comment organisez-vous un processus de recrutement pour vos clients ?

Les entreprises viennent vers nous parce qu’elles ont beaucoup de « turnover »  et qu’elles n’arrivent pas à fidéliser leurs collaborateurs. C’est donc qu’il y a un problème à la base dans le recrutement, ou alors qu’elles ont du mal à recruter des talents. Nous leur proposons alors de monter un groupe projet et de travailler ensemble à établir une vraie grille de critères de recrutement.

Ensuite, nous leur présentons des candidats et ils suivent la journée de recrutement collaboratif. Les collaborateurs conservent leur grille sous la main afin d’observer ce qui s’est déjà dit en aide-mémoire. Ce qui est hallucinant c’est qu’à la fin de la journée, à chaque fois il y a comme une évidence qui se dégage !

Élisa : Et, comment trouvez-vous les potentiels candidats ?

Cela se fait en plusieurs étapes. Valeurs & Valeur fait un premier un gros travail de « sourcing » de candidats avec les souhaits de l’entreprise en recherche de nouveaux salariés. Puis il y a un travail d’ouverture à faire parfois chez le client : présenter des profils qui peuvent être légèrement différents de l’offre à pourvoir et qui n’ont peut-être pas toutes les compétences attendues mais qui ont des valeurs, et un état d’esprit, qui sont compatibles à 300 %. Dans ce cas précis, on ne s’attarde alors pas trop sur les compétences, parce que ça s’acquiert, à la différence des soft skills. Ensuite, nous leur présentons des profils en amont et nous les validons avec l’entreprise. Enfin, nous organisons la journée de recrutement collaboratif. Chaque journée est pensée différemment selon l’entreprise et le type de poste. On s’occupe alors du design de la journée et des pédagogies innovantes spécialement pensées pour le client.

Élisa : Quels sont les avantages du recrutement collaboratif selon vous ?

L’un des principaux avantages est que la prise de décision est collaborative et non pas participative. Participative, ça veut dire que vous pouvez donner votre avis, mais qu’une seule personne a la décision finale, alors qu’avec le collaboratif, chaque voix est égale… La décision repose ici sur plusieurs personnes, donc quand huit cerveaux sont d’accords sur le même profil, c’est qu’à priori il y a peu de chance que vous vous soyez trompé ! C’est ça la force de l’intelligence collective. Ensuite, faire appel au recrutement collaboratif, ça fait du bien en interne. En créant un groupe projet autour d’un recrutement, ça fédère des équipes qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble : il y a un teambuilding qui se crée. Avec de grands bénéfices mesurables pour l’équipe : plus de collaboration, plus de fluidité dans les rapports et de meilleurs échanges entre les collaborateurs. C’est aussi très bénéfique pour la marque employeur. Nous invitons les entreprises qui font du recrutement collaboratif à communiquer dessus, en interne et en externe via les réseaux sociaux. Ils sont mis en avant avec une forme de recrutement innovant. Enfin, le recrutement collaboratif est en quelque sorte une journée d’intégration. Comme le candidat a déjà passé une journée avec ses collègues, quand il arrive dans l’entreprise, il y a déjà eu un contact au préalable avec sa nouvelle équipe : ils ont déjà fait du sport, ils ont rigolé, ils ont mangé ensemble… Le jour de son arrivée, il est déjà quasiment intégré. Le retour sur investissement du recrutement collaboratif est donc beaucoup plus important que celui du recrutement classique.

L'équipe Valeurs & Valeur

Élisa : Quelle est, en quelques mots, la valeur ajoutée de la démarche collaborative ?

C’est un vrai gain de temps : il ne faut plus faire rencontrer les nombreux candidats à plusieurs collaborateurs (aux Ressources Humaines, aux chefs de projets, au directeur marketing…), savoir faire coïncider l’emploi du temps de tout le monde, etc. Là, en une journée, toutes les personnes qui participent au recrutement ont rencontré les candidats. Donc si ils ont besoin de quelqu’un, le lendemain (ou presque) ils peuvent l’avoir.

Élisa : Quels sont les enjeux à venir pour les Ressources Humaines ?

Les enjeux du recrutement de demain sont vastes, mais c’est justement de réussir à fédérer des gens autour d’une mission. Aujourd’hui, ne mettre que le salaire en avant ne suffit plus. Par contre, en mettant en avant des valeurs, une mission, vous pouvez fédérer davantage de personnes !

L’enjeu est vraiment d’avoir du sens derrière, et de ne plus avoir comme seules sources de motivation un salaire et des avantages sociaux (bien sûr que ça participe au fait de fédérer et de fidéliser, mais ça ne suffit plus). Et surtout savoir expliquer comment le poste va porter le sens au sein de l’entreprise, ce qui va permettre d’aller chercher le sens à tous les niveaux. Le deuxième c’est d’accorder davantage d’importance à l’intelligence collective, c’est-à-dire être moins dans le statutaire, la verticalité et être plus dans l’exemplarité et dans l’horizontalité.

Élisa : Quel est votre plus grand succès vécu en recrutement ?

Cette année, nous avons poussé le recrutement collaboratif à son paroxysme en recherchant un directeur général... et ça c’est une première en France. Nous avons fonctionné comme un recrutement collaboratif classique à l’exception que l’on n’a pas fait venir tous les DG en même temps pour des raisons de confidentialité. Nous leur avons fait vivre une journée chacun avec le groupe projet de 8 personnes. Il y a eu des moments très émouvants...

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