Vous avez toujours eu du mal à répondre à la question « que veux-tu faire plus tard ? ». Encore pire, cette question a déjà engendré chez vous un pic de stress ? Vous êtes peut-être multi-potentialiste… C’est le cas d’Emilie Wapnick, auteure, coach et fondatrice du blog puttylike.com, et c’est ce qu’elle explique lors d’une conférence TEDx : « Le problème n'était pas que je ne m’intéressais à rien ; c'est que je m'intéressais à trop de choses. » Cette phrase résonne aussi en vous ? Vous faites peut-être partie des 20 % de la population mondiale à être un(e) éternel(le) débutant(e) !

Qu’est-ce qu’une personne multi-potentialiste ?

Le terme est apparu pour la première fois en 1972 dans l'ouvrage Recognizing and assisting multipotential youth de R. H. Frederickson et J. W. Murray Rothney. Selon ces derniers, une personne multi-potentialiste est quelqu'un qui « dans un milieu approprié, permet de sélectionner et de développer un certain nombre de compétences à un niveau élevé ». Emilie Wapnick, quant à elle, définit les multi-potentalistes comme des personnes « avec de nombreux intérêts et objectifs créatifs ». Ces personnes au profil singulier et créatif sont aussi appelés « personnes de la Renaissance ». On peut largement comprendre l’image : imaginez par exemple un Léonard de Vinci : peintre, scientifique, ingénieur, inventeur, anatomiste, architecte, botaniste, poète, musicien, philosophe, écrivain… Exemple parfait d’une personne dont les intérêts s’étendent à plusieurs domaines ou qui a la capacité d’avoir du potentiel dans plus de deux domaines différents. Cependant, pour reprendre l’expression de nos collègues anglophones, beaucoup de  puristes considèrent les multi-potentialistes comme des “Jack of all trades, master of none” (entendez « touche à tout, expert en rien »). Pour eux, les Léonard de Vinci ne peuvent plus exister aujourd’hui, simplement parce qu’à la Renaissance, rien n’était encore découvert et au contraire tout restait à découvrir, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Quels sont leurs atouts ?

L’argument n°1 de ces détracteurs est qu’il n’est pas possible d’être expert dans plusieurs domaines. Notre réponse à ça : premièrement, si. Les spécialistes surestiment le temps nécessaire à « maîtriser » un domaine, et confondent justement la « maîtrise » et la « perfection ». Deuxièmement, contrairement à un polymathe (personne ayant une connaissance approfondie d’un grand nombre de sujets différents), une personne multi-potentialiste n’a pas besoin d’être experte dans chacun de ses domaines. Elle a plus du potentiel et un intérêt pour divers domaines qu’une réelle expertise.

Un autre atout non négligeable est l’aspect « caméléon » de ces profils qui peuvent toucher à tout. Ils peuvent faire à peu près ce qu’ils veulent et quand ils le désirent et ont une capacité d’adaptation déconcertante.

© Randy Fath / Unsplash 

Quelles sont les conséquences, au bureau, dans la vie pro ?

Avoir un profil multi-potentialiste peut déjà être difficile au niveau des études : certains étudiants ont du mal à choisir une spécialisation car ils aiment et sont bons dans plusieurs domaines ; alors qu’en est-il dans la vie professionnelle ?

Avec l'avènement de l'ère industrielle, les normes culturelles ont changé en faveur de la spécialisation (on pense aux diplômes de doctorat, les avocats spécialisés, les médecins, les ingénieurs et tout autre métier qui requiert un certain degré de qualification et de spécialisation). Toutefois, cette fois-ci avec l’apparition de l'ère de l'Internet et de bien d’autres développements modernes, on assiste à un retour d'une opinion plus positive pour les généralistes et les multi-potentialistes.

Comment bien vivre avec ces talents multiples au quotidien ?

Une inquiétude se dessine alors : celle d’être « moyen » dans chaque domaine. De nombreuses personnes ou entités pour qui les normes de l’ère industrielle sont importantes participent à cette inquiétude en les pressant à se spécialiser. C’est d’ailleurs ce qu’Emilie Wapnick explique : les multi-potentialistes sont souvent contraints de choisir une spécialisation pour se rapprocher de leurs collègues experts, alors que ces deux catégories de personnes sont parfaitement complémentaires et forment des groupes de travail très fructueux. Il est certain que le monde a besoin d’experts et de spécialistes, mais il a également besoin de ces « penseurs créatifs » qui amènent une « ampleur de connaissance au projet ».

Par ailleurs, ce sentiment de stress évoqué au début de l’article peut aussi resurgir tout au long de la carrière d’un multi-potentialiste car, pour lui, choisir (un domaine, un métier, un poste ou autre) peut être ressenti comme une barrière, il peut avoir l’impression de se fermer des portes.

De retour dans la vie professionnelle, les multi-potentialistes peuvent faire face à un autre inconvénient : ne pas avoir l’expérience requise dans chaque domaine dans lesquels ils ont du potentiel. Et ça peut être compréhensible : les employeurs préfèrent investir dans une personne experte et avec de l’expérience dans leur domaine... C’est d’ailleurs pour cette raison que la plupart des multi-potentialistes sont autodidactes.

Fort heureusement, le monde du travail a changé et les façons de penser aussi (en parallèle avec l’arrivée de l’ère d’Internet évoqué plus haut). Aujourd’hui, les entreprises telles que les start-ups ont de plus en plus besoin de cette adaptabilité et de cette polyvalence dont ils font preuve ! Alors, si vous vous demandez encore si vous êtes plutôt un expert ou un généraliste, tentez de répondre à ces questions : Étant petit, faisiez-vous partie des personnes avec un avenir certain et tout tracé ? Sauriez-vous présenter votre parcours en seulement quelques mots ? Fourmillez-vous d’idées ? ...

Encore besoin d'éclaircissements ? Le talk d’Emilie Wapnick vous ouvrira les yeux !

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